Trouver de l’aide

Si, en lisant les derniers chapitres, tu t’es dit « ça, c’est moi » : ce n’est pas un diagnostic et ce n’est pas une raison de paniquer, c’est un bon moment pour faire appel à quelqu’un. Tôt est toujours plus facile que tard.

Les chemins sont présentés dans l’ordre, du plus petit pas au plus urgent. Tu n’es pas obligé de commencer par l’étape un. Si ça va très mal en ce moment, va directement à la section « Quand c’est urgent ».

Le premier pas, c’est presque toujours une personne

Avant tout ce qui est professionnel, cela aide presque toujours de l’avoir dit une fois à voix haute. Cherche une personne avec laquelle tu te sens à peu près en sécurité et dis-lui une seule phrase — par exemple : « Je me rends compte que je passe énormément de temps avec un chatbot, et je ne suis pas sûr que ça me fasse encore du bien. »

Tu n’as rien à expliquer, rien à montrer et rien à promettre. Le but n’est pas la solution, mais de sortir le sujet de ta propre tête — et d’avoir ensuite quelqu’un qui est au courant quand tu y reviendras.

Le médecin traitant : la porte d’entrée la plus simple

Le cabinet de ton médecin traitant est l’accès le moins spectaculaire au système de soins. Tu n’as besoin ni d’un diagnostic ni d’un récit préparé pour commencer là. Un rendez-vous, quelques phrases sur le sommeil, la concentration, l’humeur et la place que prennent en ce moment les conversations avec un chatbot — cela suffit comme point de départ.

C’est aussi l’endroit où vérifier si des causes physiques jouent un rôle, et d’où tu peux être orienté plus loin si besoin. Aujourd’hui, plus personne ne se moque de toi pour ce sujet : les professionnels le rencontrent de plus en plus souvent.

Psychothérapie : comment obtenir une place

En France, plusieurs chemins mènent à un accompagnement, et aucun n’exige que tu saches déjà ce que tu as. Le médecin traitant peut orienter et, si nécessaire, t’adresser à un psychiatre. Les centres médico-psychologiques (CMP), publics et rattachés à un secteur géographique, proposent des consultations sans frais à ta charge — pour les adultes comme pour les enfants et les adolescents. Chez un psychologue en libéral, le dispositif public de prise en charge des séances permet aujourd’hui de commencer sans prescription préalable ; ta mutuelle rembourse parfois une partie en plus. Beaucoup d’employeurs proposent en outre un service d’écoute confidentiel, et les annuaires des associations professionnelles listent les praticiens reconnus, y compris pour des séances en visio.

Attends-toi à contacter plusieurs cabinets — c’est malheureusement normal et cela ne dit rien de toi. Les délais peuvent être longs, en CMP notamment ; il est permis de suivre plusieurs pistes en parallèle. Le premier rendez-vous sert généralement à évaluer ensemble si un accompagnement a du sens ; viennent ensuite quelques séances au cours desquelles chacun regarde si le courant passe. Si ça ne colle pas, tu as le droit de changer — c’est expressément prévu.

Un point qui compte particulièrement pour ce sujet : tu peux y parler ouvertement de ton usage de l’IA. Des sociétés savantes ont publié en 2025 et 2026 leurs propres recommandations à ce propos, et la demande explicite est que l’usage de chatbots soit signalé dans un contexte de soin. Ce n’est donc pas un détail embarrassant, mais une information pertinente — surtout si tu as jusqu’ici utilisé le bot comme interlocuteur pour des sujets lourds.

Quand c’est urgent

Si tu penses au suicide, si tu as envie de te faire du mal ou si tu as le sentiment que le sol se dérobe : parle maintenant à un être humain, pas à un chatbot.

En France, le 3114 — le Numéro national de prévention du suicide — est joignable 24 h/24 et 7 j/7, gratuitement et de façon confidentielle. Ce sont des professionnels de santé qui répondent, aussi bien à toi qu’à un proche inquiet ; tu trouveras également des informations sur 3114.fr.

Dans un autre pays, findahelpline.com te trouve en quelques secondes la ligne d’écoute adaptée — le site détecte le pays automatiquement et liste les offres gratuites.

En cas de danger immédiat pour toi ou pour quelqu’un d’autre, appelle le 112. Ce n’est pas une réaction exagérée ; c’est exactement à cela qu’il sert.

Pour les proches

Qui s’inquiète pour quelqu’un a aussi le droit de se faire aider — et n’a pas à attendre que la personne concernée soit prête. Les centres médico-psychologiques, les maisons des adolescents en cas d’inquiétude pour un enfant ou un jeune, les consultations en addictologie (CSAPA et consultations jeunes consommateurs), qui couvrent depuis longtemps les usages d’écrans problématiques, ainsi que les associations de proches comme l’Unafam sont autant de portes auxquelles frapper en ton nom propre. L’accompagnement y est le plus souvent gratuit, confidentiel et anonyme si tu le souhaites.

Tu y obtiens deux choses difficiles à avoir à la maison : un regard extérieur et des formulations concrètes pour la prochaine conversation. Comment mener cette conversation sans qu’elle tourne à la dispute, c’est décrit dans le chapitre « Quand tu t’inquiètes pour quelqu’un ».

Échanger avec d’autres

Entre « seul avec ça » et « en thérapie », il y a un large espace que l’entraide couvre bien. Des groupes d’entraide autour des usages numériques existent dans beaucoup de villes, et il y a désormais en ligne des espaces entre pairs spécialement destinés aux personnes dont l’usage de l’IA a perdu son équilibre — et à leurs proches.

La communauté bejiji, sur bejiji.com/community, est aussi un endroit de ce type : un espace modéré où l’on écrit ouvertement sur les résultats de tests, les schémas et les rechutes. Un forum ne remplace pas un suivi, mais il enlève à un sujet son caractère unique — lire que quelqu’un d’autre décrit exactement la même chose rend, pour beaucoup, le premier vrai pas possible.

Ce que tu peux apporter à l’entretien

Les professionnels peuvent t’aider plus vite s’ils disposent de quelques repères concrets. Sont utiles : une estimation grossière de tes temps d’usage (le temps d’écran de ton appareil suffit largement), les déclencheurs typiques — l’ennui, la solitude, l’angoisse, le travail, les nuits sans sommeil —, ce qui a changé depuis le début (sommeil, concentration, contacts, humeur) et ce que tu as déjà essayé toi-même.

Tu n’as pas besoin d’apporter des historiques de conversation ou des captures d’écran. Il est tout à fait acceptable de résumer ou de laisser de côté ce qui est personnel — il s’agit de ton schéma, pas de preuves. Et si toute cette préparation te semble trop lourde : la première phrase suffit aussi, le reste vient dans l’échange.

L'essentiel

  • Le premier pas, c’est le plus souvent une seule phrase adressée à une personne en qui tu as à peu près confiance.
  • Le médecin traitant est la porte d’entrée la plus simple ; pour une place en psychothérapie, plusieurs chemins existent : le médecin, un centre médico-psychologique, un psychologue en libéral.
  • Crise : le 3114, le Numéro national de prévention du suicide, 24 h/24 et 7 j/7, gratuit et confidentiel — à l’international findahelpline.com, et en cas de danger immédiat le 112.
  • Les proches peuvent se faire accompagner de leur côté, dans les centres médico-psychologiques ou les associations — sans la personne concernée.
  • Pour l’entretien, tes temps d’usage, les déclencheurs typiques et ce qui a changé suffisent ; les captures d’écran ne sont pas nécessaires.

De la clarté avant le premier entretien

Si tu ne sais pas comment décrire ton schéma : le test de psychose IA le trie en six dimensions et te donne des mots pour en parler. Gratuit, en cinq minutes environ, sans inscription — et explicitement pas un diagnostic.

Faire le test de psychose IA